Selon l’Ayurveda, comprendre l’origine des maladies est une étape essentielle du processus de prévention et de guérison.
Les textes anciens ont identifié de nombreux facteurs étiologiques, c’est-à-dire l’ensemble des causes et conditions responsables des déséquilibres du corps et de l’esprit.
En Ayurveda, l’étiologie correspond au regroupement et à la classification des causes des maladies, qu’elles soient physiques, mentales ou comportementales.
D’une manière générale, toute action inappropriée du corps, de l’esprit ou de la parole constitue un facteur causal majeur de déséquilibre des doshas (humeurs ayurvédiques), et peut, à terme, conduire à la maladie.
Les premiers facteurs d’étiologie : les actions du corps
Les actions physiques excessives, inadaptées ou mal conduites perturbent directement l’équilibre des doshas, en particulier vata (air et éther).
Parmi les principales causes citées dans les textes ayurvédiques, on retrouve :
- la marche excessive ou les efforts physiques prolongés,
- l’excès de sport,
- le jeûne excessif ou inadapté,
- une sexualité non maîtrisée,
- la consommation excessive d’alcool,
- le non-respect des rythmes naturels et saisonniers (ṛtucaryā),
- une sudation impropre,
- des cures de détoxification mal conduites, notamment lorsque la restauration du feu digestif (agni) n’est pas assurée.
Ces pratiques entraînent une augmentation des qualités de légèreté, de sécheresse et de mobilité dans le corps, favorisant ainsi des désordres de type vāta.
Les seconds facteurs d’étiologie : les actions de l’esprit
L’Ayurveda accorde une place centrale à l’état mental dans l’apparition des maladies.
Ne pas suivre le code de conduite ayurvédique (Sadvṛtta) est considéré comme une cause majeure de déséquilibre.
Parmi les facteurs mentaux étiologiques, les textes mentionnent :
- la jalousie,
- la colère,
- la haine,
- le mépris,
- le non-respect des personnes âgées, des enseignants ou des guides.
Ces états mentaux perturbent progressivement l’équilibre interne et affaiblissent la clarté de l’esprit, impactant directement la santé globale.
Les troisièmes facteurs d’étiologie : les actions de la parole
La parole possède, selon l’Ayurveda, un pouvoir profond sur la physiologie interne. Certaines actions verbales sont décrites comme fortement pathogènes.
Il s’agit notamment de :
- tromper autrui,
- mentir,
- tenir des paroles dures ou blessantes,
- l’hypocrisie,
- blâmer constamment les autres,
- se disputer sans raison valable.
Ces comportements verbaux sont décrits comme pouvant engendrer, à long terme, des déséquilibres tels que :
- le diabète,
- l’hyperacidité gastrique,
- certains troubles cardiaques,
- ainsi que des désordres mentaux graves.
Hiérarchie ayurvédique de la maîtrise
Les textes résument cette vision par une hiérarchie claire :
Bonne est la maîtrise de l’action, meilleure est la maîtrise de la parole, et supérieure est la maîtrise de l’esprit. Cette phrase peut paraitre sage et simpliste et pourtant elle est juste et nous l’avons totalement oublié.
Ainsi, l’attention juste portée à nos actes, à nos paroles et à nos pensées n’influence pas seulement notre bien-être moral quotidien, mais constitue également un fondement majeur de la santé à moyen et long terme, selon l’Ayurveda. Et cela commence dans le tout premier verset du texte Ashtanga Hridayam qui cite nos désirs non contrôlés comme la racine même de tous les types de maladies.
Il peut etre judicieux de s’intéresser aux modèles développés par les neurosciences actuels pour bien en comprendre la porté, l’impact en particulier celui de la répétition de ces pensées de manière continue, souvent pendant des années. Ces schémas de pensées difficiles à défaire, induisent des comportements et ils deviennent une clé essentielle dans les maladies chroniques qu’ils amplifient souvent..
Extrait de Charaka Samhita, sutra sthana, traduit et adapté par Vd Beatrice pour Heart of Ayurveda © tous droits réservés.
Cet article ne se substitue pas à une consultation médicale, ni à une consultation ayurvédique, pensez à consulter.


