Elle marche vite entre deux rendez-vous. Elle pense que c’est juste pour gagner du temps.
En réalité, elle protège son corps, sans le savoir.
Le mouvement n’est pas seulement une question de silhouette ou d’énergie. Il agit directement sur la façon dont votre corps se défend, y compris face au cancer.
En ce mois d’Octobre Rose, voici ce que la science nous apprend sur ce lien, et comment l’intégrer simplement dans une vie déjà bien remplie.
Le muscle, un allié discret.
On pense souvent au muscle comme un outil de mouvement, rien de plus. Pourtant, chaque fois qu’il travaille, il libère dans le sang des substances appelées myokines.
Ces substances ont plusieurs effets.
- Elles font baisser l’inflammation dans le corps
- Elles renforcent le fonctionnement du système immunitaire
- Elles favorisent un métabolisme plus stable
Ensemble, ces effets créent un terrain moins favorable au développement et à la propagation des cellules cancéreuses. Le mouvement améliore aussi la circulation sanguine, ce qui permet aux cellules immunitaires de se déplacer plus facilement dans le corps pour faire leur travail de surveillance.
Ce que montrent les études.
Les recherches sur ce sujet se multiplient depuis quelques années.
Chez les femmes traitées pour un cancer du sein, une activité physique régulière, aérobie et de renforcement musculaire, aide à préserver la masse musculaire, réduit la fatigue liée aux traitements et améliore la qualité de vie pendant et après le parcours de soin. Elle semble aussi limiter certains dommages causés par la chimiothérapie sur les tissus musculaires sains.
De façon plus générale, les patients actifs physiquement tolèrent souvent mieux leurs traitements et récupèrent plus facilement que les patients inactifs.
Un rapport de référence publié par l’Institut National du Cancer confirme plusieurs bénéfices de l’activité physique pour les personnes concernées par un cancer.
- Le maintien ou l’amélioration de la condition physique, notamment cardio-respiratoire et musculaire
- Le maintien d’une composition corporelle plus équilibrée
- Une meilleure qualité de vie globale, avec moins d’anxiété, moins de fatigue perçue, moins de douleurs et un sommeil de meilleure qualité
- Une meilleure tolérance des traitements, avec une baisse de certains effets indésirables
- Un allongement de l’espérance de vie sans récidive
Il est important de le rappeler, l’activité physique ne remplace jamais un traitement médical. Elle vient en complément, comme un soutien au corps et à l’esprit pendant le parcours de soin. Le type et l’intensité d’exercice doivent toujours être discutés avec l’équipe médicale, en particulier pendant un traitement actif.
Un enjeu de prévention, bien avant la maladie.
Le lien entre mouvement et cancer ne concerne pas seulement les personnes déjà touchées. Il concerne aussi la prévention, en amont.
Les études montrent qu’une activité physique régulière réduit la mortalité précoce toutes causes confondues de 28 à 37 pour cent. Elle est aussi associée à une baisse du risque de développer un cancer, d’environ 12 à 25 pour cent, pour plusieurs localisations, dont le côlon, l’endomètre, l’œsophage, le poumon, le rein et la vessie. En moyenne, cela représente une réduction du risque autour de 18 pour cent.
À l’inverse, rester assise de longues heures augmente le risque de certains cancers, notamment celui de l’endomètre et du côlon. L’inactivité favorise aussi le surpoids, lui-même identifié comme facteur de risque pour les cancers du sein et du côlon.
Et pourtant, en France, la réalité reste éloignée des recommandations.
Une femme sur deux seulement atteint le niveau d’activité physique recommandé chaque semaine. Près de 95 pour cent de la population adulte est exposée à un risque lié au manque de mouvement ou à un temps assis trop long.
Des bénéfices que l’on ressent tout de suite
Le mouvement n’apporte pas seulement des effets à long terme. Certains bénéfices se font sentir dès les premières semaines.
- Un sommeil de meilleure qualité
- Une baisse du sentiment d’anxiété
- Une pression artérielle plus stable
Sur le long terme, les effets s’étendent encore plus loin, avec un risque réduit de démence, de dépression, de maladies cardiaques, de diabète de type 2, de surpoids, et une meilleure santé osseuse et un meilleur équilibre corporel.
Par où commencer, sans se mettre la pression.
Les recommandations internationales, portées notamment par l’Organisation Mondiale de la Santé, suggèrent entre 150 et 300 minutes d’activité modérée par semaine, ou entre 75 et 150 minutes d’activité plus soutenue.
Cela peut sembler beaucoup, mais cela se construit progressivement, à travers des gestes simples du quotidien.
- Marcher d’un bon pas pour se rendre au travail
- Prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur
- Faire du vélo pour les trajets courts
- Pratiquer le yoga ou des étirements plusieurs fois par semaine
- Nager régulièrement
- Danser chez soi, simplement pour le plaisir
L’important n’est pas la performance. C’est la régularité.
L’essentiel à retenir.
Le mouvement n’est pas un traitement contre le cancer. Mais il agit sur le corps d’une façon qui mérite d’être connue et prise au sérieux, en prévention comme en accompagnement des traitements.
En cette période d’Octobre Rose, le geste le plus utile n’est peut-être pas le plus visible. C’est simplement de bouger un peu plus, chaque jour, avec constance.
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Cet article a un but informatif et ne remplace pas un avis médical. Toute question de santé doit être discutée avec un médecin ou un professionnel de santé.


